Khaled Hosseini | Les cerfs-volants de Kaboul

le 9 avril 2020 à 16:10:33

Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d’un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n’entament leur amitié. Jusqu’au jour où Amir commet la pire des lâchetés…

Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. « Il existe un moyen de te racheter », lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passé.

Auteur : Khaled Hosseini

Genre : Drame

Nombre de pages : 416

Maison d'édition : 10/18

Date de parution : 30 septembre 2006

Mon avis


Encore un livre qui traînait depuis quelques temps dans ma bibliothèque. Ou plutôt dans celle de la personne qui partage ma vie. C’est l’avantage quand on aime quelqu’un qui a la même passion que vous, on découvre des écrits qu’on n’aurait peut-être pas lus autrement. Je pense très sincèrement que Les cerfs-volants de Kaboul fait partie de ceux là. Et pourtant, je mentirai en disant que le sujet traité ne m’intéressait pas. 

Comme cette période de confinement est propice aux activités pour soi, je me suis dis qu’il était enfin temps de se lancer dans cette histoire. Et mon dieu que j’ai bien fait, je peux dores et déjà vous dire que c’est un gros coup de coeur. 

Parlons-en

L’histoire se déroule principalement en Afghanistan. On suit deux jeunes enfants que tout oppose, Aziz et Hassan. L’un est le fils d’un homme aisé, l’autre un hazaras, qui sert la famille. Entre eux va se nouer une relation semblable à celles que tous les jeunes enfants peuvent avoir entre eux. Les différences, les classes sociales et toute autre problématiques sont bien loin à cet âge là, du moins tant qu’on ne se montre pas en public. 

Ainsi, on pourrait dire qu’ Aziz et Hassan sont de véritables amis dans l’intimité mais que, face à la société, ce n’est pas tout à fait le cas, du moins pour Aziz. Hassan est analphabète alors que son ami est un écolier modèle, aimant la lecture et les mots en général. Ce dernier rêve de devenir écrivain et s’amuse à raconter nombre de ses histoires à son jeune ami. Conscient des difficultés d’Hassan, Aziz profitera de sa condition pour asseoir sa supériorité vis à vis de son ami. D’autant qu’il sent bien que son père lui porte plus d’amour qu’à lui-même. Jusqu’au jour où il commettra un acte qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours. 

Les années passent, Aziz se retrouve exilé aux Etats-Unis. Commence alors ce qu’on pourrait appeler sa rédemption. Il lui faut expier ses fautes du passé pour réellement commencer à vivre et à être heureux.

J’ai assimilé ce livre à un Candide des temps modernes.  On traite aussi bien des libertés que d’une forme d’esclavage, de connaissance et du bonheur. L’histoire raconte d’une certaine manière le chemin qu’il faut parcourir en soi et envers les autres pour se faire pardonner les erreurs du passé. En arrivant aux Etats-Unis, Aziz doit se rendre à l’évidence. Il a là l’occasion de vivre la vie qu’il n’aurait pas eu en restant à Kaboul et mesure peu à peu la chance qu’il a. Un événement le ramènera à ses origines et à son passé peu glorieux. C’est alors qu’il aura l’occasion de se racheter ..

La plume de l’auteur

Le récit tient sa force de l’histoire qui y est dépeinte mais pas seulement. Khaled Hosseini manie les mots à la perfection. Il sait mettre de l’émotion au moment opportun et amène le lecteur exactement à l’endroit où il le souhaite. Son écriture est d’une justesse exceptionnelle, ses descriptions tellement réalistes qu’on n’a aucun mal à s’imaginer les lieux. Quant à nous raconter la dureté et la misère dans laquelle vivent certains des personnages, là aussi il ne prend aucune pincette. Quelques scènes sont révoltantes, mais pour autant, rien n’est caché au lecteur. Ce n’est pas un récit édulcoré. Il est clair que par moments, il faut avoir le coeur bien accroché.

Cela n’enlève rien à la beauté de ce récit qui est aussi bien une critique politique, une ôde à l’Afghanistan – pays d’origine de l’auteur – et une incroyable histoire d’amitié. Si ce n’est plus … Un réel coup de coeur pour moi.

Lorsqu’on tue un homme, on vole une vie. On vole le droit de sa femme à un mari, on prive ses enfants de leur père. Lorsqu’on raconte un mensonge, on dépossède quelqu’un de son droit à la vérité. Lorsqu’on triche, on dérobe le droit d’un autre à l’équité.

Khaled Hosseini – Les cerfs-volants de Kaboul (2006)

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