Synopsis

1937. Le fermier Ling Tan mène une vie humble rythmée par les travaux des champs et les coutumes de son village, lorsque les forces japonaises prennent pied sur la terre chinoise. Ling pense qu’en restant dociles et conciliants les civils n’auront rien à craindre. Las ! L’envahisseur ravage le pays et installe un gouvernement fantoche au service des intérêts nippons.

Au péril de leur vie, les villageois décident d’organiser la révolte, quitte à rompre leur voeu de non-violence. Et Ling Tan, qui n’éprouvait qu’un attachement matériel à ses récoltes, sent grandir en lui son amour pour la patrie. Lorsque son fils Lao et sa jeune femme quittent la ferme pour prendre les armes, c’est un nouveau chapitre d’une histoire millénaire qui s’ouvre…

  • Roman

  • Archipel

  • Archipoche

  • 4 juillet 2018

  • 398 pages

Mon avis

Quelques mots sur Pearl BUCK (1892-1973)

Femme de lettres américaine, a vécu une partie de sa vie en Chine et au Japon, avant de rentrer dans son pays natal. Elle est la première
femme à obtenir le prix Pulitzer en 1932, pour la Terre chinoise, avant de recevoir le Nobel de littérature, pour l’ensemble de son oeuvre, en 1938.

Pearl Buck, auteur et prix Nobel de Littérature

Ce que j’en pense …

Ce roman, adapté au cinéma avec Katerine Hepburn, fut en 1942 la première oeuvre de fiction à dépeindre la résistance en Chine occupée. Pearl Buck a mis beaucoup d’elle-même dans le personnage de la missionnaire chrétienne qui tente de protéger les jeunes Chinoises des appétits de l’ennemi. Elle y décrit avec force les horreurs de la guerre, mais aussi la sagesse née de la proximité avec la terre nourricière. 

J’ai reçu ce roman de la part des Editions l’Archipel, après avoir répondu à un questionnaire. Pour être tout à fait honnête, je ne m’attendais pas à être retenue et je fut très surprise de voir arriver deux romans dans ma boîte aux lettres (celui-ci et un autre) dans le courant du mois d’août. Je dois avouer que je lis beaucoup moins l’été que les autres saisons, je me suis donc laissée le temps, d’autant qu’un projet professionnel arrivait. Avec lui, des soirées plus courtes et de la fatigue et donc beaucoup moins d’heures de lecture possibles qu’avant. Je lisais donc par petits bouts et je ne l’ai fini que très récemment. Vu le sujet traité, je ne sais pas si l’on peut dire que j’ai « adoré » mais ce fut en tout cas une très bonne lecture.

L’histoire 

Ce qui m’a attiré en premier dans ce livre c’est d’abord le titre, puis la couverture. Ces deux personnages avec leurs chapeaux vissés sur la tête laissaient à penser qu’il allait être question de l’Asie. En lisant la 4è de couverture, cela ne faisait plus aucun doute. Chouette, j’adore ce continent et son histoire. On se retrouve donc en pleine occupation japonaise en terre chinoise avec tout ce que cela implique. Des différences de classes sociales très rapidement décelées avec les plus pauvres qui se retrouvent rapidement dans l’obligation de tout céder aux plus riches. Nous lecteur, nous sommes concentrés sur la famille de Ling Tan, qui a toujours eu des terres prospères et très respectée dans le village. On fait face avec eux aux désillusions, aux difficultés, aux joies et peines qu’amènent un tel événement. L’histoire nous dépeint donc le quotidien d’une famille devant faire face aux atrocités de la guerre. Cette façon de faire m’a rappelé un peu l’écriture d’Emile Zola dans sa manière de décrire la condition humaine. 

Les personnages

On s’attache rapidement à ces derniers en se demandant ce que nous ferions à leur place. Du moins, ce fut mon cas. Pourtant, même si je me suis très vite prise d’affectation pour Ling Tan et sa famille, il y a bien eu des moments où certaines choses me faisaient bondir, notamment concernant la condition de la femme. Elle ne doit savoir ni lire ni écrire car cela ne lui sert à rien pour enfanter. Malheureusement, à cette époque là, c’était la réalité de la vie … Et c’est d’ailleurs toujours le cas sur certaines parties du globe. J’ai été touchée par le combat de chacun d’entre eux pour tenter de s’en sortir, même si pour certains la manière n’était pas au rendez-vous. Finalement, le combat qu’ils menaient, je le menait aussi à ma manière dans ma tête. Certains actes, bien qu’étant des faits historiques bien réels, me révoltaient. Certains comportements étaient pour moi incompréhensibles vis à vis de la famille, mais d’un autre côté difficile de juger sans être dans la même situation. Pour autant je ferai pareil, voire pire … Je trouve que l’auteur a particulièrement travaillé la psychologie de ces derniers . 

Conclusion

Pearl Buck connait très bien son sujet, ça se ressent et c’est un point très positif pour le roman. Concernant l’écriture, bien qu’elle soit par moment très descriptive, je la trouve malgré tout très fluide. Habituellement, les phrases longues remplies de descriptions me rebutent un peu mais là ce n’était pas le cas. Je trouve même que ça sert très bien le roman. L’histoire est dure mais touchante et amène a des questionnements propres. Les personnages, quant à eux, sont très travaillés. En bref, une très bonne lecture que je recommande si le sujet vous intéresse.

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